Les librairies du monde entier sont en grande difficulté, là où le virage du numérique s'avère difficile à prendre et les tentacules de cybermarchands deviennent étouffants. La campagne « Adoptez une librairie » lancée au Royaume-Uni, propose aux écrivains et illustrateurs d'aider au moins une librairie par an en Albion d'abord, puis pourquoi pas à travers le monde par la suite.

Comment les auteurs peuvent-ils aider les libraires ? La campagne propose que ces derniers participent à des séances de dédicaces gratuitement en librairie, à des moments clefs comme la sortie d'un livre ou autres événements du calendrier comme la Saint Valentin.

Quoi d'autre ? Envoyer des posters dédicacés à la librairie adoptée, avec une note officielle précisant que l'auteur a « adopté » la librairie concernée pour 2011/2012.

Les auteurs peuvent aussi poser devant la librairie pour les médias, faire des entretiens médiatiques avec le propriétaire de la librairie adoptée, ou encore diffuser les liens vers les sites de réseaux sociaux de la librairie sur ses propres sites de réseaux sociaux (Facebook Twitter,…).

Tout un programme de solidarité à l'heure où le business ne fonctionne plus, tout comme les aides traditionnelles.

SOURCE : Actualitté

 

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Selon nous, le problème ou la solution ne se trouve pas là. Comment une librairie peut-elle demander de l'aide aux auteurs et donc, indirectement, aux éditeurs ?! Les auteurs ne sont certainement pas les mieux payés avec leurs droits de 10%... les éditeurs non plus. Nous avons toujours été scandalisés par l'envoi d'office et la remise de 40% au libraire. En général, un titre ne restera sur les étagères que durant une période de trois mois. Après quoi, les livres sont retournés à l'expéditeur (l'éditeur). Pensez-y... trois mois contre toute l'énergie fournie par l'auteur et l'éditeur pour la création d'un ouvrage. Où est la logique ?

Est-ce que l'éditeur s'enrichit ? Faisons le calcul sur un livre vendu 20$ : - 5.00 (imprimeur) - 8.00$ (libraire) - 3.00$ (distributeur) - 2.00$ (auteur)... ceci sans compter tous les frais connexes (mise en page, graphisme, marketing). Que reste-t-il à l'éditeur ?

Alors, au lieu de demander de l'aide aux auteurs, et donc aux éditeurs, les libraires devraient prendre une commission maximum de 20% sur les ventes. Ils seraient bien obligés de conserver un stock important de livres, bien au-delà de la période de trois mois, et de travailler très fort pour les vendre et ainsi se créer un bénéfice. Les libraires ne sont pas les seuls à avoir des frais élevés au sein de leurs entreprises et à travailler dans un domaine à risque élevé.

Le milieu de l'édition a besoin d'une refonte complète... il serait temps d'agir en conséquence !

 

Personnellement, je suis tout à fait de l'avis de Guy Boulianne. Les libraires s'enrichissent souvent un peu trop sur notre dos. J'en veux pour exemples concrets certaines grandes librairies (la Fnac notamment) qui ne veulent pas payer de frais de port, exigent jusqu'à 40% de remise et ne daignent payer qu'au bout de 60 jours au moins. Et lorsqu'on leur en fait l'observation, elles ont le culot de répondre : "Vous pouvez bien attendre pour nous !" J'en parle par expérience !

Alors, envoyer des affiches dédicacées à titre publicitaire, OK, mais participer à des séances de dédicaces "gratuites" (traduction : "sans y gagner un centime"), ça, jamais !

Que les librairies (notamment les plus grandes) suivent la recommandation de Guy Boulianne et qu'elles cessent d'imposer leurs conditions draconiennes aux éditeurs et aux auteurs, et tout ira sans doute mieux pour elles.

Bien entendu, il existe de petites libraires auxquelles ces critiques ne s'appliquent pas. Les éditions du Masque d'Or se félicitent de leurs excellents rapports avec bon nombre d'entre elles.

Nous vous invitons à participer en grand nombre à ce débat ...

 

Je suis parfaitement d'accord avec Guy et Thierry. Le domaine du livre subit une révolution au détriment des petits libraires mais aussi, et surtout, de celui des éditeurs indépendants et de leurs auteurs. Ici, au Québec, nous sommes aux premières loges pour observer une entreprise en train de prendre le contrôle de ce domaine: éditions, imprimeries, librairies, journaux, télévisions. Le numérique est un des moyens pour échapper à cette pieuvre. Dommage pour les libraires indépendants ... mais ils n'ont pas joué leur rôle quand ils en avaient les moyens.

Dans la chaine du livre ceux qui prennent un risque sont les créateurs: les auteurs, qui y consacrent beaucoup du temps, et les éditeurs indépendants pour leur temps et leur argent; les autres: distributeurs et  libraires encaissent la part du lion sans prendre de risque.

S'il faut adopter quelqu'un, ce n'est pas un libraire mais un éditeur indépendant.

Auteur & Éditeur a dit :

Nous vous invitons à participer en grand nombre à ce débat ...

 

 

Goethe disait que le déclin d'une littérature signifie le déclin d'une nation

Nous sommes tous dans le même piège où autour de tout profit possible s'organise un pouvoir oligarchique souvent anonyme et deshumanisé. Le livre est un produit. Ce n'est plus ce témoignage humain puissant et intemporel qui nous porte à relire Balzac, Dostoïevski et peut-être même Le Petit Prince, Poil-de-carotte et les Voyages de Gulliver. Chacun pourrait citer les traces de ses rencontres littéraires signficatives aprés avoir évacué les insignifiantes. Il faut flatter le lecteur (comme l'électeur) par les artifices du marketing qui déclenchent et conditionnent les mécanismes consommateurs. N'en déplaise à Pavlov, j'ai cessé de saliver à l'annonce du dernier Goncourt. Nul n'est éditeur ou libraire s'il ne protége l'espace intime d'un échange personnalisé de la fragile dimension humaine. Le livre est le refuge d'une culture, d'une éthique et même on peut oser le dire, d'un partage amoureux.Peu d'objets technologiques nous mènent ainsi au delà de soi même. Les totalitarismes religieux, politiques ou économiques ont réduit le livre à l'accessoire quand ils ne l'ont pas brûlé. Il ne s'agit pas de donner une leçon à quiconque ou de me donner un vain espoir idéaliste.

Le livre que j'emporte en vacances est ma liberté.J'attends de lui plus de compagnie que de perfection formelle.Mes auteurs sont devenus mes amis.J'ai des lecteurs complices dans un regard décalé sur un monde d'aujourd'hui qui n'est pas favorable à l'esprit. L'excès de leur nombre m'inquiéterait, j'aurais sans doute alors abusé de ma position, de l'usage des mots et de la crédulité d'autrui.

En toute amitié à ceux qui viendront se percher un moment à côté de moi.  Georges Botet Pradeilles.   

   

 

Merci, Georges.

Il y a quelques semaines, j'avais trouvé que c'était une bonne idée d'encourager une librairie en y présentant le lancement de mon bouquin "Des ravioli aux escalopes à la crème..." début 2012, Dans ma grande naïveté, j''aipensé à Renaud-Bray de Lévis. J'encourageais ainsi une librairie et de plus, sur la rive-sud de Québec, un peu le parent pauvre de la place.. La réponse? Un contrat de mise en consigne, exactement conforme à ce que Guy Boulianne annonce plus haut... 40%... pendant 3 mois.. Moi qui pensais qu'ils allaiemnt sauter sur le projet en me remerciant! Grosse erreur! L'acccueil par la directrice a été froid, indifférent comme s'ils avaient des centaines d'offres du même type chaque semaine... Et en plus, c'est Montréal qui décide! J'ai également contacté la librairie de l'Armitière, à Rouen, en France pour y effectuer le "lancement français". C'est pire! Aucune réponse, ce qui pour moi est une marque évidente d'irrespect! Ils prennent tous ça de façon très détachée, de très haut! Et bien tant pis! Le lancement se fera ailleurs et probablement pas dans une librairie... C'est dommage!

Marie-Claude

 C'est scandaleux, mais plus encore, c'est hilarant. Un non-dit.A croire que la langue française est bourrée de non-dits à la place des points de suspension.? Quand on voit les titres à l'étal dans les supermarchés ou les librairies, on comprend tout de suite. On lit quelques lignes... Pas besoin d'aller plus loin. Tout le monde est artiste, même ceux qui ne savent pas écrire. On nous dit: " Mais les critères de sélection, les thèmes des livres enclins à approbation ne sont pas jugés sur la forme, mais sur le fond" De quoi rêver. Il y a un nombre incalculable de livres qui figurent en traditionnel, je ne sais par quel moyens? A croire que ceux qui les jugent et les apprécient, sont là, par erreur. Ce qui ne changera rien aux choses.

Je suis dans le milieu de l'édition depuis pas mal longtemps avec un premier livre publié à l'âge de 20 ans (j'en ai aujourd'hui 49). Je peux donc prétendre connaître ce milieu. Il y a longtemps que je répète que le milieu des librairies n'est pas facile. Plusieurs auteurs ont eu souvent de la difficulté à me croire ou à comprendre. De nos jours, on ne peut pas dire que les libraires sont les alliés des éditeurs (ni des auteurs). Le développement des affaires avec la librairie Renaud-Bray (entre autres) est particulièrement difficile. On nous a boudé longtemps et c'est encore vrai aujourd'hui.

C'est pourquoi les Éditions Dédicaces ont décidé depuis longtemps de fonctionner indépendament et de développer ses propres projets de diffusion.

Pour faire suite aux propos de Marie-Claude, nous pourrons peut-être organiser un lancement de livres collectif au mois de février ou mars avec les quelques livres québécois que nous publierons prochainement. Mais encore une fois, ceci n'est pas une promesse car, en ce moment, nous ne pouvons pas prévoir l'avenir trop à l'avance.

Absolument.

Est-il sain de lutter?

Nous ne pouvons pas lutter contre l'évolution et le changement. Nous sommes obligés de céder aux caprices du développement informatique et de subir les mauvaises conséquences de la modernisation. La parution du livre numérique nous propulse vers l’avenir incertain des adorateurs du papier. Demain, il ne y’aura plus de place pour les consommateurs de l’arbre.

Notre planète se réchauffe ! Sauvons avant tout la forêt.     

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